Un constat :
Seuls 13 % des salariés jugent facile de dire à leur manager « Je ne suis pas encore capable de reprendre au même rythme »
55 % des salariés estiment les managers mal formés aux conversations sensibles
Une enquête Fasterclass menée à l’occasion d’Octobre Rose auprès de 2 913 actifs, salariés et managers
Un mot de trop, ou le silence ? Face à une collègue qui annonce un cancer du sein, la plupart des Français préfèrent encore se taire plutôt que d’être maladroits. Mais que vaut ce silence pour la personne qui le vit ? Et comment oser dire sa fatigue, ses limites ou ses besoins lorsque la culture de l’entreprise n’a jamais laissé de place à ces conversations ?
À l’occasion d’Octobre Rose, Fasterclass a interrogé 2 913 Français actifs afin de mesurer leur capacité à aborder la maladie au travail et à instaurer un dialogue juste entre salariés et managers. Une enquête qui dévoile que ce n’est pas la bienveillance qui fait défaut, mais les mots, l’écoute et l’habitude d’échanges sincères. Une véritable culture du feedback, au cœur de la relation managériale, apparaît comme la clé pour briser le silence et permettre à chacun d’exprimer ce qu’il n’ose pas dire.
« Les entreprises ne manquent pas de sensibilité, elles manquent d’entraînement au dialogue. Quand six actifs sur dix ont déjà évité de parler de la maladie avec un collègue par peur de mal faire, c’est le signe que l’on n’a jamais appris à dire les choses difficiles, ni à les entendre. Une vraie culture du feedback ne consiste pas seulement à dire à quelqu’un ce qui va ou ne va pas dans son travail : elle crée un climat où chacun peut exprimer un besoin, une fatigue, une limite, sans craindre d’être jugé moins performant. Le manager n’a pas besoin des mots parfaits : il doit savoir poser une question simple et écouter vraiment la réponse. Cela s’apprend. » Raphaël Maisonnier, conférencier et auteur, TEDx speaker, CEO de Fasterclass
85 % des salariés ne savent pas vraiment quoi dire à une collègue atteinte d’un cancer
Les chiffres sont effarants ! Seuls 12 % des salariés savent spontanément quoi dire à une collègue qui leur annonce sa maladie, et 16 % préfèrent ne pas aborder le sujet. Chez les managers, l’intention est là mais c’est l’assurance qui manque. En effet, 44 % réagissent avec la peur d’être maladroits et un sur trois (33 %) ne savent pas quoi dire.
Si une collègue ou une collaboratrice vous annonçait être atteinte d’un cancer du sein, sauriez-vous spontanément quoi lui dire ?
Avez-vous déjà évité de parler de la maladie avec un(e) collègue par peur d’être intrusif(ve), maladroit(e) ou de ne pas trouver les bons mots ?
Le défi n°1 des managers : questionner sans intrusion Pour 36 % des managers, la principale difficulté est de savoir jusqu’où poser des questions sans être intrusif, juste devant l’adaptation de la charge de travail (33 %) et la discussion du retour au travail (29 %). De leur côté, les salariés placent en tête la capacité à trouver les bons mots (35 %). Selon vous, qu’est-ce qui est le plus difficile pour un manager lorsqu’un(e) salarié(e) est atteint(e) d’un cancer ? 2 réponses maximum Réponses Salariés Managers Trouver les bons mots 35 % 29 % Savoir jusqu’où poser des questions sans être intrusif 31 % 36 % Adapter la charge de travail 30 % 33 % Parler des absences et de l’organisation de l’équipe 21 % 24 % Aborder le retour au travail 32 % 29 % Faire régulièrement un point sans donner l’impression de surveiller 23 % 27 % Gérer les réactions des autres salariés 11 % 13 % Je ne sais pas 2 % 1 % Des phrases difficiles à prononcer Seuls 13 % des salariés estiment facile de dire à un manager ne pas pouvoir reprendre au même rythme après une longue maladie. En effet, près d’un sur deux (48 %) juge cet aveu encore difficile, voire perçu comme un manque d’implication (19 %). Et pour 46 % des managers, tout dépend… du manager. Après une maladie longue comme un cancer, pensez-vous qu’un salarié puisse facilement dire à son manager : « Je ne suis pas encore capable de reprendre au même rythme qu’avant » ? Réponses Salariés Managers Oui, tout à fait 13 % 15 % Oui, mais cela dépend beaucoup du manager 38 % 46 % Non, c’est encore difficile à dire 29 % 24 % Non, cela peut être perçu comme un manque d’implication 19 % 14 % Je ne sais pas 1 % 1 % Un retour au travail qui passe par le dialogue Pour réussir le retour d’une personne traitée pour un cancer, les salariés veulent d’abord qu’on lui demande directement ce dont elle a besoin (27 %) quand les managers misent avant tout sur des échanges réguliers pour adapter le travail (25 %). Au total, près d’un actif sur deux privilégie le dialogue, quand faire comme si de rien n’était ne convainc que 8 % des salariés. Lors du retour au travail d’une personne ayant été traitée pour un cancer, quelle attitude managériale vous paraît la plus importante ? Réponses Salariés Managers Lui demander directement ce dont elle a besoin 27 % 22 % Organiser régulièrement des échanges pour adapter progressivement le travail 21 % 25 % Lui laisser le temps de retrouver son rythme sans pression 19 % 18 % La traiter exactement comme avant, sans faire référence à sa maladie 8 % 12 % Proposer spontanément des aménagements 16 % 14 % Laisser le salarié prendre lui-même l’initiative d’en parler 7 % 8 % Je ne sais pas 2 % 1 % 55 % des salariés jugent les managers mal préparés aux conversations sensibles Seuls 27 % des salariés estiment que les managers sont suffisamment formés pour accompagner une collaboratrice confrontée à une maladie grave. Ainsi, 55 % pensent le contraire, dont 24 % « pas du tout ». Un regard bien plus sévère que celui des managers eux-mêmes, qui ne sont que 36 % à reconnaître ce manque de formation. Pensez-vous que les managers sont aujourd’hui suffisamment formés pour avoir des conversations sensibles avec un salarié confronté à une maladie grave ? Réponses Salariés Managers Oui, tout à fait 8 % 15 % Oui, plutôt 19 % 27 % Non, plutôt pas 31 % 29 % Non, pas du tout 24 % 7 % Cela dépend énormément des entreprises 16 % 21 % Je ne sais pas 2 % 1 % La peur d’être jugé moins performant Pour les salariés, le plus difficile à vivre face à une maladie grave est la peur d’être considéré comme moins performant (37 %), devant le manque de dialogue avec son manager (35 %) et la difficulté à parler de sa fatigue ou de ses limites (33 %). De leur côté, les managers placent ce dernier point en tête (38 %). Ces résultats font ressortir un enjeu transversal : la possibilité d’exprimer ses limites et ses besoins sans craindre d’être jugé. Selon vous, qu’est-ce qui peut être le plus difficile à vivre pour un salarié confronté à une maladie grave au travail ? 2 réponses maximum Réponses Salariés Managers Le silence ou l’évitement des collègues 21 % 14 % Les maladresses ou les phrases déplacées 10 % 12 % Le sentiment d’être regardé différemment 29 % 26 % La peur d’être considéré comme moins performant 37 % 34 % La difficulté à parler de sa fatigue ou de ses limites 33 % 38 % La pression pour reprendre comme avant 21 % 30 % Le manque de dialogue avec son manager 35 % 29 % Le sentiment d’être surprotégé 5 % 11 % Aucun de ces éléments 3 % 1 % Je ne sais pas 1 % 1 % MÉTHODOLOGIE Enquête réalisée en ligne (CAWI) du 4 au 14 septembre 2026 auprès d’un échantillon de 2 913 Français actifs occupés selon la répartition suivante : 1 715 salariés non-managers et 1 198 salariés exerçant des fonctions managériales. Les participants ont été recrutés et sollicités via le panel BuzzPress en France (27 700 personnes), par invitations électroniques (email) et via des canaux d’invitation sur Facebook et LinkedIn. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas afin de refléter la structure de la population visée. Les résultats ont ensuite fait l’objet d’un redressement (pondération / calage sur marges) sur des variables socio-démographiques de référence (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région), à partir des sources administratives et des données de l’INSEE. Des contrôles qualité ont été appliqués (unicité des répondants, exclusion des questionnaires incomplets ou incohérents). Données traitées conformément au RGPD. À PROPOS Fasterclass est un organisme de formation et de coaching, certifié Qualiopi, qui aide les dirigeants et leurs équipes à construire une performance collective durable. Comment ? En faisant de chaque minute de (trans)formation un levier d’action concret. Sur quels sujets ? Les soft skills, avec 3 spécialités : feedback, management & leadership, et conduite du changement & growth mindset. Créée par 4 cofondateurs complémentaires — Raphaël Maisonnier (Président), Amory Panné (Directeur des Opérations et de l’Expérience), Souad Talal (Directrice de la Pédagogie) et Thibaud Caremoli (Directeur Informatique) — Fasterclass conçoit et déploie des dispositifs flexibles et sur-mesure (formation, coaching, e-learning, ateliers, conférences), avec une approche centrée sur la mise en pratique situationnelle, l’ancrage des pratiques dans le temps et la co-construction avec les équipes RH/L&D. Basée à Paris et Montpellier, Fasterclass s’appuie sur un réseau européen de formateurs et coachs certifiés (DISC, MBTI, ICF, EMCC, etc.) et expérimentés (minimum 10 ans), et a déjà accompagné plus de 10 000 collaborateurs. Fasterclass est lauréat et membre du Réseau Entreprendre Paris depuis 2018, et a été incubée à Station F (Founders Program).