Festival de Cannes 2025 : carnet de Croisette, nos coups de cœur d’une édition vibrante

Sous un soleil parfois écrasant, entre robes spectaculaires, badges accrochés à la hâte et cafés avalés en courant entre deux projections, le Festival de Cannes 2025 aura offert une édition particulièrement intense — peut-être l’une des plus cinéphiles de ces dernières années.

Sur la Croisette, un nom revenait sur toutes les lèvres dès la première semaine : Nadia Melliti. Révélation de La Petite Dernière, l’actrice a littéralement électrisé la salle lors de sa projection. À la sortie, les conversations étaient unanimes : “nous venons peut-être d’assister à la naissance d’une grande”. Son Prix d’interprétation féminine est venu confirmer cette impression presque immédiate.

Autre moment suspendu : la montée en puissance de Wagner Moura dans L’Agent secret. Dans les files d’attente du Palais, plusieurs journalistes murmuraient déjà avant le palmarès que sa performance tenait du “grand Cannes”. Verdict confirmé avec un Prix d’interprétation masculine amplement salué par la profession.

Mais l’instant le plus chargé en émotion restera sans doute la Palme d’or attribuée à Jafar Panahi pour Un simple accident. Lorsque le réalisateur est apparu sur scène, la salle s’est levée presque instinctivement. Une ovation longue, grave, respectueuse — de celles qui rappellent que Cannes reste aussi un lieu où le cinéma dialogue avec l’Histoire.

Côté coulisses, l’édition 2025 aura aussi eu ses scènes très cannoises :
un embouteillage monstre sur la Croisette après l’arrivée de Robert De Niro, venu recevoir sa Palme d’or d’honneur, provoquant une agitation rarement vue même parmi les photographes aguerris ;
des projections perturbées en toute fin de festival par une panne électrique surprise, laissant producteurs, journalistes et festivaliers commenter l’incident sur les marches dans une ambiance presque surréaliste ;
et surtout ce sentiment partagé dans les discussions nocturnes des terrasses : cette année, le cinéma semblait avoir repris le dessus sur le simple spectacle.

Cannes 2025 laisse ainsi le souvenir d’un festival où les œuvres ont davantage fait parler que les tenues — et c’est sans doute le plus beau compliment que l’on puisse adresser à cette édition.