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Francaises Ethniques

La Napoule Boat Show : 34 ans de rituel nautique

Napoule Boat Show - edition 2025

34 ans de rituel nautique, entre vraies pépites et vernis vert

Du 23 au 26 avril 2026, le Port La Napoule retrouvera son décor de printemps habituel : coques blanches alignées le long des pontons, hélices qui brillent sous le soleil de l’Esterel, et cette agitation particulière des salons nautiques qui savent qu’ils n’ont plus rien à prouver. La Napoule Boat Show fête sa 34e édition, un chiffre que l’organisation aime rappeler comme un gage de sérieux. Il l’est. Reste à savoir ce qu’on célèbre exactement sous cette longévité.

Un rendez-vous devenu institution

Plus de cent marques internationales, une cinquantaine de stands à terre, environ deux cents unités à flot de 4 à 26 mètres : sur le papier, La Napoule Boat Show a toutes les allures d’un salon généraliste réussi. On y croise aussi bien des noms grand public (Bayliner, Jeanneau, Quicksilver) que des maisons plus haut de gamme (Sunseeker, Princess, Riva, Fairline). Le port lui-même, avec ses 913 postes d’amarrage et son statut de premier port méditerranéen en nombre de marques représentées, n’a pas à rougir de son standing. Le cadre — entre les roches rouges de l’Esterel et le Château de La Napoule, face aux Lérins — fait le reste : peu de salons nautiques peuvent se targuer d’un tel décor de carte postale.

Les vrais coups de cœur

Au milieu du catalogue de coques et de chevaux fiscaux, deux ou trois choses méritent qu’on s’y arrête vraiment.

D’abord, l’initiation à la navigation sportive du samedi 25 avril, à bord d’un Sailing 40, pour 10 euros. C’est peu de chose sur le papier, coincé entre les stands des concessionnaires, mais c’est probablement le geste le plus honnête du salon : une heure de sensation réelle, en mer, sans qu’il soit besoin de sortir un chéquier à six chiffres. C’est aussi, à mon sens, le seul moment du week-end où le salon parle vraiment à quelqu’un qui n’a pas déjà un bateau.

Ensuite, le système de récupération des eaux grises et noires installé sur le quai R depuis l’hiver 2018-2019, pour les unités de plus de 25 mètres, avec son réseau sous vide et ses pompes dédiées. Ce n’est pas spectaculaire, ça ne se photographie pas, mais c’est le genre d’investissement qui change réellement la qualité de l’eau d’un port plutôt que de simplement le proclamer. Même chose pour la nurserie à poissons créée sur le site : une initiative discrète, sans doute plus utile à la biodiversité sous-marine que bien des éléments de langage qu’on lit ailleurs sur le nautisme « responsable ».

Enfin, le quai catamaran livré en 2017 — premier de la Côte d’Azur entièrement dédié à ce type d’unités — a eu le mérite d’anticiper une tendance que d’autres ports azuréens ont mis des années à suivre.

 

Le point qui mérite d’être posé sur la table

C’est là que ma lecture s’écarte de ce qu’on lira sans doute ailleurs cette semaine, où l’accent sera mis, comme chaque année, sur le label Pavillon Bleu détenu depuis vingt-trois ans, les certifications Ports Propres, et l’image d’un salon « familial et convivial ». Tout cela est vrai. Mais l’affichage environnemental d’un salon qui expose dans le même mouvement des unités jusqu’à 26 mètres à flot et des places pour des yachts jusqu’à 52 mètres mérite d’être regardé avec un peu de recul plutôt que repris tel quel.

Un port peut être exemplaire dans sa gestion des eaux usées, du tri sélectif et de la biodiversité littorale, et rester, dans le même temps, la vitrine d’un marché dont l’empreinte carbone individuelle — construction, motorisation, avitaillement en carburant, entretien — n’a strictement rien à voir avec celle d’un dériveur ou d’un catamaran de location. Les deux choses ne s’annulent pas : elles coexistent, et c’est précisément cette coexistence que la communication institutionnelle des salons nautiques a tendance à estomper en mettant en avant les labels plutôt que la nature du produit vendu. La Napoule Boat Show n’est pas plus coupable qu’un autre sur ce point — c’est même l’un des ports les mieux tenus du littoral azuréen sur le plan environnemental — mais le tableau immaculé qu’on lira sans doute ailleurs cette semaine mérite d’être nuancé : un port propre n’est pas la même chose qu’un marché nautique sobre.

Il y a aussi une question plus simple, rarement posée dans la presse spécialisée : à qui s’adresse réellement ce salon ? L’initiation à 10 euros et le discours « familial » sont sincères, mais ils cohabitent avec un catalogue de 35 marques et une clientèle dont le pouvoir d’achat n’a, pour l’essentiel, rien de familial au sens courant du terme. Ce n’est pas un reproche — un salon professionnel n’a pas vocation à être autre chose que ce qu’il est — mais un rappel utile face à une communication qui, chaque printemps, tend à gommer cette réalité derrière des mots comme « convivialité » et « accessibilité ».

En bref

La Napoule Boat Show reste, sur la forme, l’un des rendez-vous les mieux organisés du calendrier nautique de printemps, porté par un port dont les efforts environnementaux sont réels et documentés dans le temps plutôt qu’improvisés pour l’occasion. Le vrai coup de cœur de l’édition 2026 n’est pas dans les mètres de coque exposés, mais dans cette heure de navigation sportive à 10 euros qui, l’espace d’un samedi, ouvre le port à autre chose qu’un marché. Pour le reste, gardons en tête que labellisation environnementale et sobriété du produit restent deux sujets distincts — et que confondre les deux rend, chaque année, un peu plus difficile de parler honnêtement de ce que le nautisme de plaisance représente vraiment.

La Napoule Boat Show 2026 — du 23 au 26 avril, Port-la-Napoule, Mandelieu-la-Napoule. 

Rédactrice : Par Antje

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